L'histoire


L'histoire commence avec Anna Benitah, ma grand-mère maternelle marocaine, couturière, qui me transmet le goût du vêtement fait main à la coupe impeccable.
Enfant, je l'observe des heures entières à dessiner des patrons, coudre, repasser, choisir le bon bouton ou le bon galon. Elle avait toujours le souci du détail.
C'est elle qui me donne l'envie de créer des vêtements et le nom de la marque a été crée en son hommage. Élevée dans une famille traditionnelle et religieuse, elle avait décidé de s'émanciper par la couture en s'inspirant toujours de la mode occidentale.

 

A mon arrivée au Maroc, je cherche le moindre détail qui peut me raccrocher à
mes souvenirs d'enfants. Le parfum de mes oncles, les marcels portés sous des chemises cintrées des hommes, les tissus traditionnels, les galons de ma grand-mère.
Je découvre alors l'artisanat marocain et j'y trouve un réel émerveillement dans le savoir-faire à la main notamment dans le travail textile (tapis, tissage, travail du cuir). C'est à ce moment précis que je veux créer une mode qui me ressemble.

Très attachée à mes racines : cette double identité, cette dualité, est le point de départ de la création de Nitah et je crée une première collection aux coupes fluides, épurées, traduisant une élégance à la française avec des détails de sfifa en sabra, ainsi que des ceintures à la taille rappelant le traditionnel caftan.

Il s'agit d'un trait d’union entre le Maroc et la France, exprimant la richesse d’une identité multiple, reliant ainsi tradition et modernité, comme un fil tendu entre deux époques.

En m'installant par la suite dans la région Lilloise, je fais prendre à Nitah un nouvel envol. Clin d’œil à mon ancrage hexagonal, et à mon amour pour l'artisanat; je décide de lancer une série de tops en maille tricotés à la main et dans une démarche solidaire, je fait tricoter des femmes en situation précaire.

 

Elise